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Ce que Vous Devez Savoir à Propos des Données 2019 de Global Forest Watch Relatives à la Perte de la Couverture Arborée

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Les nouvelles données de l’Université du Maryland (UMD), publiées sur Global Forest Watch, indiquent que les forêts primaires tropicales ont subi d’importantes pertes en 2019. Toutefois, qu’indiquent ces données en termes de causes des pertes et comment les comparer aux autres estimations de pertes ? Voici ce que vous devez savoir à propos des données de l’UMD :

La perte du couvert ne signifie pas nécessairement déforestation

La perte du couvert arboré fait référence à une perturbation de la végétation ligneuse sur une hauteur de plus de cinq mètres, qu’il s’agisse de forêts primaires matures, de forêts secondaires en période de régénération après une perturbation passée ou de plantations d’arbres. L’approche de GFW relative aux pertes dans les forêts naturelles matures consiste à axer plus spécifiquement l’analyse sur les pertes des forêts primaires tropicales humides. Ces forêts ont généralement des valeurs élevées en carbone et en biodiversité. Une fois ces dernières perdues, la régénération vers un état quelconque proche de celui d’une forêt primaire peut prendre des décennies voire des millénaires.

Cependant, les données ne font pas encore la différence entre les causes des pertes qui sont très variées, allant d’une perturbation naturelle, à des incendies anthropiques en passant par la déforestation due à des coupes rases. Des jeux de données supplémentaires, ainsi qu’une interprétation visuelle, peuvent améliorer notre compréhension des facteurs à l’origine des pertes.

D’autres considérations techniques peuvent avoir une incidence sur l’interprétation des données de l’UMD relatives à la perte de la couverture arborée. Plusieurs répétitions de l’algorithme de détection ont été appliquées à l’ensemble des données chronologiques créant ainsi d’éventuelles incohérences. Une perte qui se produit tard dans une année civile peut ainsi parfois être enregistrée au cours de l’année suivante à cause de la couverture nuageuse.

Les incendies ont constitué à la fois une cause et un symptôme de perte en 2019.

Il semble que des incendies se soient déclarés de toute part en 2019. Grâce aux données des zones brûlées MODIS de l’UMD, nous pouvons mieux comprendre la mesure selon laquelle les incendies ont exercé une influence sur les chiffres de perte de 2019, tout en sachant que les estimations n’ont certainement pas enregistré l’ensemble des dommages causés par les incendies en raison de la présence de couverture nuageuse ou de brouillard.

Au Brésil, où les incendies ont fait l’objet d’une importante couverture médiatique, il semblerait que les incendies aient été un symptôme de la perte de forêt primaire plutôt qu’une cause directe. En Amazonie brésilienne, la densité des incendies était 20 fois supérieure dans la forêt primaire précédemment déboisée que dans les forêts actuellement sur pied. Bien que les incendies aient été supérieurs à la moyenne en 2019, seulement 20 % se sont produits dans des forêts primaires actuelles contre 30 % dans les zones ayant subi auparavant des pertes de forêt primaire. Les 50 % restants se sont produits dans des zones non forestières et des forêts secondaires. Ce fut également le cas en Indonésie, où le nombre d’incendies a été bien plus élevé, brûlant des forêts déjà dégradées, et seulement 6 % se sont produits dans des forêts primaires.

Toutefois, les incendies peuvent également constituer une cause directe de la perte du couvert arboré. En Bolivie, des incendies hors de contrôle ont brûlé d’importantes zones de forêt primaire et d’autres couverts arborés. En 2019, plus de la moitié des incendies de Bolivie se sont déclarés dans des zones de couvert arboré et près de 60 % des pertes en 2019 se sont produites dans des zones d’incendies. L’Australie a également connu des incendies sans précédent en 2019 : près de 80 % des données relatives aux pertes de 2019 se superposent à des zones brûlées.

Les données de l’UMD suivent des changements différents des données officielles brésiliennes

PRODES, le système officiel de suivi des forêts du gouvernement brésilien, et l’UMD mesurent deux choses bien différentes. C’est pourquoi le système PRODES montre une hausse de 30 % de la déforestation entre 2018 et 2019, tandis que les données de l’UMD indiquent seulement une hausse de 1 % de perte de forêt primaire.

Comme nous l’avons mis en évidence auparavant, PRODES détecte uniquement des parcelles de déforestation due à des coupes rases de superficie supérieure à 6,25 hectares, tandis que les données de l’UMD enregistrent les pertes supérieures à 0,09 hectare de toute la végétation ligneuse d’une hauteur de plus de 5 mètres, quelle qu’en soit la cause. Il s’agit de deux mesures essentielles, parce que nous avons besoin de savoir où et quand une déforestation permanente se produit, ce que PRODES détermine. Néanmoins, toute perte de la couverture arborée, y compris celle causée par des incendies, peut avoir des répercussions sur le climat, sur la biodiversité et sur les services écosystémiques, ce que les données de l’UMD permettent d’enregistrer.

Comparaison des données UMD avec les données officielles de la déforestation brésilienne de PRODES.

En raison de ces différences, les données de l’UMD tendent à enregistrer davantage de changements que PRODES. Parmi les zones de déforestation détectées par PRODES en 2019, plus de 80 % se superposent aux zones de perte de forêt primaire de l’UMD des dix dernières années. En revanche, seulement 36 % des données de l’UMD de 2019 sont apparues dans les données PRODES des 10 dernières années.

La différence de champ d’application peut également créer des tendances différentes. Tandis que PRODES et d’autres systèmes montrent clairement que la déforestation due à des coupes rases est en hausse, les autres changements enregistrés par l’UMD n’évoluent pas nécessairement dans la même direction. Par exemple, les pics de perte de forêt primaire qu’indiquent les données de l’UMD au Brésil en 2016 et 2017 étaient dus à des incendies de la couverture basse que le système PRODES ne suit pas. Bien que les incendies aient été largement répandus en Amazonie en 2019, peu ont engendré une perte directe de forêt primaire l’année dernière.

De même, certaines zones d’incendie de la couverture basse et de changements plus petits de la canopée détectés par les données de l’UMD au cours des années passées ont pu être déboisées depuis et relevées par PRODES. Les données de l’UMD détectent uniquement la première perte. Ces zones ne sont donc pas enregistrées à nouveau lorsqu’elles font l’objet d’une déforestation engendrant ainsi une sous-estimation potentielle des changements comparés à ceux de PRODES pour l’année en question. Parmi la déforestation détectée par PRODES en 2019, près d’un quart a été détecté en tant que perte de la couverture arborée par les données de l’UMD avant 2018.

Les zones de perte récupérées par GFW en 2016 sont récupérées par PRODES en 2019
(A) Zone de dégradation en 2016, (B) Perte relevée par les données de l’UMD en 2016 et (C) Zone déboisée plus tard et relevée par PRODES en 2019.

Outre la différence de champs d’application, les deux systèmes utilisent également deux méthodes distinctes pour détecter les changements. Les données de l’UMD constituent un système entièrement automatisé qui analyse chaque pixel individuellement, tandis que dans PRODES, la déforestation est délimitée par une interprétation visuelle des parcelles d’imagerie satellitaire. Les deux analysent également des périodes légèrement différentes : l’UMD enregistre les pertes au cours d’une année civile et PRODES enregistre la déforestation entre août et juillet.

Les données officielles de l’Indonésie pour 2019 reflètent les tendances de l’UMD

Les données officielles relatives à la déforestation fournies par le Ministère de l’environnement et des forêts (MEF) d’Indonésie indiquent une tendance à la baisse entre 2018 et 2019, semblable à celle des données de l’UMD. Les deux jeux de données montrent également des pertes plus faibles pour la troisième année consécutive après des pertes records associées à des incendies en 2015 et 2016, malgré des valeurs légèrement différentes dans la zone de perte. Comme mentionné précédemment dans notre blog, les données du MEF présentent quelques différences par rapport aux données de l’UMD, notamment une période d’observation de juillet à juin, une exigence de superficie minimale de 6,25 hectares et l’interprétation visuelle des images satellitaires pour déterminer s’il y a eu perte forestière ou non.

Indonésie: perte de couvert forestier primaire tropical 2002-2019

Prévisions de GFW pour l’année prochaine

Les premiers indicateurs révèlent une saison sèche en 2020 en Amazonie et des incendies en Australie tout au long de l’année civile. Nous pouvons donc prévoir que davantage d’incendies devraient apparaître dans les données l’année prochaine. GFW travaille à l’amélioration continue de ses données. Des avancées dans le système de l’UMD nous permettront bientôt de suivre des événements répétés de perte du couvert arboré au cours des deux années passées, ainsi que les pertes dues à des incendies, facilitant ainsi l’évaluation des facteurs à l’origine de pertes et la comparaison des données de l’UMD à d’autres systèmes de suivi.


Découvrez les données annuelles sur GFW.

PHOTO BANNIÈRE: Toutes les 6 secondes en 2019, 1 terrain de football de forêt tropicale primaire a été perdu. Photo de Flavio Galvao/WRI.

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